Durant l'absence de la famille...

Durant l'absence de la famille...  - Charles Cool

J’avais demandé quelques jours de congé à mon patron. Je voulais avancer dans les travaux que j’avais entrepris dans ma maison. Mon épouse était allée en vacances chez ses parents avec nos enfants, et j’avais la demeure pour moi seul. Je pouvais donc travailler tard sur le chantier, me nourrir à des heures décalées, ne pas m’arrêter de poncer, de peindre ou de faire de la maçonnerie pour suivre le rythme de la famille. Cette situation était idéale et je profitais de ces moments pour être plus performant. J’appelais ma femme pour lui préciser que je me lançais dans quelques aménagements, et que je serais difficilement joignable. Je lui précisais que j’avais vu les soins contre la couperose qu’elle met, dans la salle de bains. Elle me répondit qu’elle en avait pris d’autres sur place, dans la ville où demeurent ses parents. Elle me passa les enfants, avec qui je restais une bonne vingtaine de minutes au téléphone.

Quand j’eus raccroché, la maison me sembla bien vide. Je m’attelais aux tâches que je m’étais fixées tout de suite, pour profiter de chaque instant pour avancer. La soirée était douce et la pluie n’était pas prévue au programme pour le soir même, ou pour le lendemain. Je montais un mur, côté nord, pour commencer l’extension de notre habitation. Les enfants grandissaient, et ils auraient bientôt chacun leur chambre. Avec mon épouse, nous aurions une nouvelle pièce pour dormir dans cette aile supplémentaire que je construisais. J’avais coulé une grande chape de béton, et préparé les emplacements des murs et les montants de bois qui accueilleraient la structure.

Sur les plans que nous avions dessinés avec ma conjointe, de grandes vitres, en double vitrage, permettaient de faire rentrer un maximum de lumière. Le toit était légèrement en pente et nous souhaitions le recouvrir de végétaux. Nous avions vu les possibilités offertes par ce genre de toiture et leur beauté nous avait beaucoup plu. Je terminais de travailler vers vingt-deux heures. Après avoir avalé une salade et deux tranches de pain avec un bout de fromage et du jambon, je m’installais confortablement dans le canapé pour regarder la télévision. Je sentis le sommeil me gagner. J’allais me coucher directement. Je fus étonné de me réveiller vers sept heures du matin, sans que j’aie eu à mettre mon réveil, ce que je n’avais pas pensé à faire la veille. Une bonne journée m’attendait, car je voulais nettoyer en profondeur ma façade.