Un cœur brisé

Un cœur brisé - Charles Cool

Lorsque j’étais petit, j’avais pour habitude de faire plein de maquettes de maisons avec des allumettes. La plupart du temps, j’entendais les gens me dire que j’avais tout pour faire une carrière d’architecte. Il est vrai que je me sentais très bien pour tout ce qui était en rapport avec la construction. La veille de mon examen, mon adorable chienne décédait. Pendant quatorze années, elle m’avait suivi presque partout, et avait su être présente pour tous mes besoins de câlins. Le jour de l’examen, je rendais feuille blanche. Je m’inscrivais l’année d’après pour repasser l’examen, sans pour autant passer par l’université. Je trouvais alors un travail dans un magasin de Porte et fenetre Petite St-Andre Avellin et me contentais de cela.

L’année suivante, je réussissais mon examen. Pour m’en féliciter, une de mes tantes tenait absolument à m’offrir une petite chienne. Un husky. Je refusais littéralement. La douleur avait été tellement forte concernant la perte de ma première chienne, qu’il m’était inadmissible encore de penser en élever une autre. Je ne pouvais me faire à l’idée de pouvoir la remplacer. Ma tante n’insistait pas, et la gardait pour elle. C’est ce genre de situations qui vous font travailler la tête quand vous avez besoin d’avoir les idées claires. Quelques jours plus tard, j’appelais ma tante, pour savoir comment allait la petite chienne. Elle me disait l’avoir mis dans un refuge, parce que le propriétaire de son appartement refusait la présence d’animaux. Il était impossible pour moi de rester sans rien faire. Je ne pouvais me faire à l’idée qu’un animal aussi beau, puisse être enfermé dans un refuge par ma faute. J’allais immédiatement la chercher pour la ramener chez moi.

Je partais avec ma tante dans le refuge pour aller récupérer la petite chienne. Dès le départ, quelque chose me gêna. Il y avait non seulement une odeur que j’étais loin de pouvoir supporter, mais en plus, le regard de tous ces chiens enfermés à plusieurs dans des cages attendant que quelqu’un vienne les libérer me chagrinait fortement. Après une petite discussion avec le gérant, il y avait un manque de subventions pour pouvoir rendre les animaux beaucoup plus heureux dans l’attente d’un propriétaire possible. Ma petite chienne dans les bras, je partais en précisant au gérant que j’allais revenir quelques jours plus tard avec quelques croquis d’architecture pour pouvoir faire une construction d’un lieu beaucoup plus sain et beaucoup plus agréable pour les animaux. C’était en souvenir de ma première chienne. Voilà tout.