Une cohabitation difficile

Une cohabitation difficile - Charles Cool

Il y a deux ans, je voulais repartir à zéro. J’ai donc quitté la ville où j’habitais pour aller vivre ailleurs. L’ennui, c’est qu’il est toujours difficile de tout recommencer, de trouver un nouveau travail, ou un nouveau logement. Heureusement pour moi, j’ai connu une amie qui pouvait m’héberger quelque temps chez elle. Il est vrai qu’une cohabitation entre une femme et un homme pourrait s’avérer délicate, mais je n’avais pas le choix. Je devais accepter, étant donné que j’avais déjà rompu le bail de mon ancien appartement. Arrivé à l’aéroport, Isabelle, mon amie, était là à m’attendre, elle était toujours aussi joviale que dans mes souvenirs. Quand nous sommes arrivés chez elle, elle m’a présenté au voisinage et m’a montré ma chambre. Je trouvais vraiment gentil de sa part de bien vouloir m’héberger. Pendant quelque temps, elle était d’une compagnie très agréable, nous prenions nos repas ensemble, nous rangions la cuisine à tour de rôle, et elle m’aidait quand je ramenais du travail à la maison. Les choses ont commencé à se gâter le jour où elle a commencé à ramener des jeunes à la maison. Je comprenais qu’elle ait besoin de présence masculine, mais de là à fréquenter des garçons à peine sortis de l’adolescence, je trouvais cela inconcevable. Je ne sais pas, peut-être aussi que quelque part, j’avais pensé que ça pouvait marcher entre nous deux. Quoi qu’il en soit, ses amis rentraient très tard en faisant des bruits. Il arrivait même qu’ils écoutent de la musique jusqu’à trois heures du matin. Je ne dormais plus. J’en ai parlé à Isabelle, mais elle m’a traité de vieux coincé. J’ai alors pris sur moi, et je n’ai plus rien dit. Je voulais déménager, mais je ne pouvais pas le faire dans l’immédiat, je m’en sortais à peine avec un demi-loyer. Un soir, quand je suis rentré, elle avait organisé une soirée à thème, sans m’avoir prévenu d’avance, comme elle le faisait d’habitude. Il y avait plus d’une cinquantaine de personnes, toutes aussi bizarre les unes que les autres. L’une d’elles m’a bousculé et m’a cassé le nez. Là-dessus, je suis parti, j’ai pris mes affaires et j’ai quitté la maison. La chance était de mon côté, car quand je me suis présenté à la clinique de médecine esthétique afin réparer mon nez, j’ai pu faire la connaissance d’un très gentil couple qui cherchait un colocataire. J’ai donc sauté sur l’occasion. Aujourd’hui, il m’arrive de penser qu’Isabelle a fait tout ça pour me chasser de sa maison.