Une difficile relation père et fils

Une difficile relation père et fils - Charles Cool

Quand j’étais jeune, j’étais totalement ingérable. Je cumulais les bêtises et mes parents en étaient désespérés. Un jour, par exemple, j’ai mis le feu à notre salon, je voulais jouer au pompier et ça a un peu dégénéré. Il y a aussi la fois où je suis sorti en douce pour aller dans un bar. J’ai un peu abusé de l’alcool et je ne suis pas rentré pendant presque quarante-huit heures. Mes parents étaient morts d’inquiétude, surtout mon père qui exerçait un travail de planificateur financier et qui voulait tout contrôler. Bref, je n’avais rien du bon fils. Je ne faisais que détruire tout ce qu’il y avait sur mon passage. Quand j’ai eu mon fils, j’ai eu très peur qu’il me fasse payer ce que j’ai fait à mes parents. Donc, afin de ne pas répéter le scénario, je faisais en sorte qu’il n’ait aucun moment libre : cour de karaté, cours de musique, club de lecture, etc. Tout cela l’engageait durant les weekends. Je l’inscrivais à de nombreuses activités extrascolaires pour qu’il n’ait pas une seule minute pour faire des bêtises. Un jour, il a lu l’appel de la forêt, il m’a ensuite apporté le livre et il m’a expliqué qu’il se sentait comme le personnage Buck dans ce livre. Il m’a ainsi dit qu’il se sentait enchaîné et comme enfermé dans une cage. Il me demandait pourquoi je ne l’autorisais jamais à faire ce qu’il avait envie de faire, je lui ai répondu que c’était parce que je voulais qu’il ait un meilleur avenir. Là-dessus, il m’a lancé d’un ton sévère, et m’a dit que j’étais égoïste et que j’aurais dû couper le cordon ombilical, il y a bien longtemps. Il est parti cette nuit-là, il n’est pas rentré chez nous. J’étais aux abois, j’ai paniqué et j’avais l’impression d’avoir tout raté. J’ai alors erré dans les rues et j’ai pensé à ce que j’allais dire à mon fils quand il rentrerait. Quand je suis revenu, il était déjà à la maison et il m’a demandé pardon. Je l’ai serré dans mes bras et j’ai décidé d’être honnête avec lui. Je lui ai raconté mon passé turbulent tout en lui racontant ce que j’ai fait quand j’étais jeune. Aussi, je lui ai dit que j’avais peur qu’il fasse les mêmes erreurs que moi. Je lui ai ensuite dit que je lui faisais confiance et qu’il ferait un meilleur père que moi. Il a pleuré et je l’ai serré très fort contre moi. À partir de là, j’ai pris conscience que même si on veut le meilleur pour nos enfants, on ne s’y prend pas toujours de la bonne façon. Toutefois, l’essentiel, c’est qu’il faut leur faire confiance.